Biographie de Moussa Dazi Artiste peintre
Moussa Dazi peint sur des sujets aussi divers que la place de l'autre, l'immigré comme variable d'ajustement en période électorale, l'indifférence du sort des ouvriers, le déni de justice fait aux femmes, l'arrogance et les excès du pouvoir, l'exutoire religieux...
Biographie Né le 2 juin 1961 à Courbevoie, Moussa Dazi a grandi en banlieue parisienne. Bac en poche, il s’oriente vers la section Arts plastiques et Histoire de l’Art de l’Université Paris I Saint Charles. Il fréquentera un temps les cours de l’école des Beaux Arts de Paris. Il a longtemps « esquissé des choses » sur tout ce qui lui tombait sous la main, nappes, cahiers, murs... Mais ce n’est qu’au milieu des années 80 qu’il commence véritablement à se poser devant un chevalet. Dévoré par une autre passion, le journalisme, au début des années 90, il se lance dans une grande aventure éditoriale qui durera plus de dix ans et donnera naissance à quatre magazines d’information économique et sociale spécialisés et engagés. L’aventure éditoriale prendra fin au milieu des années 2000. Cette expérience marquera profondément son regard sur le monde, et plus particulièrement le monde ouvrier, sur l’injustice, l’histoire des immigrations et de la société en générale. Sa vie, il l’a décrit comme une sorte de palimpseste sur lequel des couches successives viennent se coller sur d’autres plutôt qu’à leur suite, caractéristique que l’on retrouve dans sa peinture, à travers les collages et au fond de ses toiles qu’il repeint parfois cinq à six fois. Moussa Dazi respecte une sorte de vœu qui lui impose d’oublier le passé, pour ne voir de l’avenir que le strict minimum et consacrer son attention au présent, introduisant ainsi une urgence, un impératif de construction qui provoque une forme de panique par laquelle il s’empare des stigmates de notre société pour les sublimer. Le trait nerveux de ces « vigies » qui se tordent dans ses toiles, sont là pour témoigner de son indignation sur des sujets qui lui tiennent à cœur, offrant ainsi au « regardeur » les moyens de s’interroger sur ce qui l’entoure, les dérives et les espoirs de nos sociétés contemporaines. La peinture de Moussa Dazi est un langage dont le rythme et les inflexions, s’adressent directement à la mémoire. On y découvre un regard sans complaisance sur ce qui fait notre quotidien. On y croise ces «autres» issus de banlieue, les ouvriers, les immigrés, les sans grades, dont l’artiste se reconnaît définitivement.
Thèmes Moussa Dazi travaille énormément sur la question de l’urgence, du rapport au temps comme moyen de manipulation, le temps des tribuns, celui des médias, des tranches « d’incroyable » qui se disputent le « sensationnel » et autres faits divers emprunts d’abominations. Il a ainsi recours à des techniques de collage utilisant des bribes d’articles de journaux auxquels se superposent l’encre de sa peinture et éventuellement d’autres matériaux. Les frontières entre l’objet d’art et le quotidien sont volontairement fluidifiées et le temps suspendu, le temps d’un éveil de consciences. Ce que Moussa Dazi peint, ce sont de véritables paliers de décompression de l’actualité, une forme de radeau pour se mettre à l’abri des tempêtes et faire le point sur des sujets de société.
Matériaux Dans ses peintures, Moussa Dazi utilise principalement de l’acrylique et de la gouache, bien qu’il lui soit arrivé de peindre à l’huile et même... à la glycérophtalique. Il utilise également du vernis colle pour le coté magazine glacé. Pour ses collages, Moussa Dazi utilise toutes sortes de journaux, sans considération des langues utilisées. C’est en effet la typographie ou le contenu de l’imprimé qui l’intéresse, rarement les photos et parfois les dessins. Ses toiles ne sont jamais autrement encadrées que par les frises qu’il lui arrive de peindre. C’est le choix de rendre accessible immédiatement l’art et décloisonner les frontières entre l’œuvre et son public à la manière d’un graffiti ou d’une peinture rupestre. |
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Mise à jour le Mercredi, 30 Mars 2011 19:07 |